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Melancholia victor hugo

Victor Hugo est l’un des plus grands écrivains français de tous les temps. À travers ses livres, ses poèmes, ses citations et ses opinions politiques, il a contribué à façonner la France au 19e siècle. Son travail a inspiré plusieurs générations d’artistes qui célèbrent sa vie à chaque occasion. Melancholia victor hugo un chef-d’œuvre à découvrir.

Melancholia victor hugo

Qui est Victor Hugo ?

 

Hugo était un poète français, romancier et dramaturge du mouvement romantique. Il est considéré comme l’un des plus grands et des plus connus écrivains français de tous les temps.

Bien qu’il soit réputé pour plusieurs œuvres majeures, sa renommée repose principalement sur Les Misérables et Le Bossu de Notre-Dame. Ces œuvres phares représentent la poésie française à l’étranger. En France, Hugo est surtout connu pour ses recueils de poésie comme Les Contemplations et La Légende des Âges.

Né le 26 février 1802 à Besançon, dans le Doubs, en France et descendant de Sophie Trébuchet et Joseph Hugo, il grandit dans une période de grande agitation politique en France. En raison du travail militaire de son père qui exigeait un déplacement constant, la mère de Hugo vécut seule avec ses enfants à Paris pendant un certain temps.

 

Les vers mélancoliques

 

D’après le titre, l’auteur raconte dans « melancholia » une histoire attristante concernant sa contemplation du monde. Dans ses vers, il met en image un monde en noir et blanc telle la fumée des usines. En effet, les idéologies d’une époque se reflètent dans les œuvres d’art telles que la poésie et les peintures. Le poète méprisa cette période de l’industrialisation, car des enfants y sont exploités comme main d’œuvres.

Il faut noter que pendant cette période, l’âge légal pour travailler était de 10 ans. Les ouvriers travaillaient à la chaîne et leurs salaires subvenaient vaguement à leurs besoins. En enfilant leurs combinaisons, on traite de la même manière les enfants, les adultes et les personnes âgées telles des machines dans des tâches ardues.

L’auteur accuse donc dans « melancholia », par diverses métaphores, l’influence malsaine du travail industriel et de l’industrialisation sur la vie humaine notamment l’enfance. L’auteur s’inquiète de l’influence du progrès sur l’humanisme et commence à s’interroger à propos du travail.

Le poète évoque alors un paradoxe à propos du travail. Il explique que c’est le travail qui donne un sens à la vie de l’homme, mais mal maîtrisé, nous tendons à sacrifier notre humanité sur le plateau de l’argent et de l’efficacité.

 

Melancholia (extrait)

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
O servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain ! –
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
O Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

    Victor Hugo, Les Contemplations, Livre III