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Lecture d’une citation de Victor Hugo

Victor Hugo, homme de lettres français du XIXe siècle, écrit un jour ces mots : “ “Si le poète doit choisir dans les choses (et il le doit), ce n’est pas le beau, mais le caractéristique.“. Il semblait alors questionner la question de la subjectivité du cinquième art. Faut-il toujours enjoliver les choses, ou se restreindre à la réalité crue ?

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La réalité et l’art

Victor Hugo et la subjectivité
Dans cette citation, Victor Hugo montre que le poète, homme de lettres, ne peut se permettre de toujours embellir chaque situation. Ainsi, dans une situation teintée de désespoir et de souffrance, le créateur ne doit pas rendre la douleur plus belle qu’elle ne l’est réellement. C’est la fonction du poète ; Baudelaire en avait déjà fait état autrefois, qualifiant ce rôle de “phare“, celui qui montre la voie. En mentant -ou même en omettant la laideur de certaines choses-, Victor Hugo estime que le poète ne ferait pas bon usage de ses pouvoirs.

Ces mots, tirés du préface de Cromwell, un drame et une des œuvres théâtrales les moins bien connues du poète français. remplit à la fois l’emploi de prévenir le lecteur sur ce qu’il va découvrir (Cromwell étant le récit d’une succession d’échecs, à la fois humains et politiques) et de le moraliser ; il n’est jamais bon de bien enrober les événements sous de beaux mots.

Art poétique et subjectivité

 

La poésie est souvent perçue comme onirique ; à tort. Bien qu’elle soit pleine de sonorités réconfortantes, l’esquisse poétique dépeint aussi parfois la tristesse d’une âme. Le Dormeur du Val d’Arthur Rimbaud en est l’une des preuves. De même, ce sonnet, décrivant le corps, que l’on pense de prime abord endormi, d’un soldat dans une vallée, révèle dans ses dernières syllabes que l’homme est en réalité mort.

Aussi, s’il convient de ne pas choquer les mœurs en adoptant un langage plus romancé. Relater l’existence uniquement dans ses facettes positives est toxique. De ce fait, le poète, en adoptant ce biais utopique, fausse la lecture de ceux qu’il abreuve de ses paroles. Il est un guide, un pionnier : donner une rousse faussée à ceux qui le suivent pourrait être fatal. C’est ici ce que Victor Hugo voulait dire : il est beau d’utiliser de magnifiques mots pour décorer ses textes, les rendre plus joyeux, plus chimériques ; toutefois, il est nécessaire parfois de relater la vérité crue